ma

présentation

 

Spectacle musical pour les enfants de 6 mois à 5 ans
Musique de Giacinto Scelsi (Cinq Chants du Capricorne)
Durée : 30 mn

Conception, mise en scène et création sonore : Sophie Grelié
Chant : Muriel Ferraro ou Marion Raiffé  soprano (en alternance)
Manipulation et régie : Sophie Grelié

Scénographie : Bruno Lahontâa
Lumières : Eric Blosse
Costumes : Hervé Poeydomenge
Lampes sonores : Bruno Capelle

Collaboration artistique : Stéphane Guignard

Avec le soutien de la Fondation Isabella Scelsi
coproduction
Opéra National de Bordeaux, Office Artistique de la Région Aquitaine, Institut Départemental de Développement  Artistique et Culturel, Festival méli’mome Reims, Pessac en Scènes, Biarritz Culture,  avec le soutien  de l’Adami et de la Spedidam.

Ma
Dans une hutte-cocon, une femme chante.  Elle écoute son petit, lui dit la vie à venir. Dans le grain de sa voix, ses joies, ses peines, ses bonheurs et ses colères, ses silences et ses espoirs. 
ma, première syllabe prononcée, ma, comme maman, ma, prémisse du moi… 
Sophie Grelié explore l’enfance de la parole, la musique de la langue, le pré-langage du bébé, toute la dimension poétique de cette relation de l’adulte à l’enfant. Des voix de bébés et divers objets sonores accompagnent les musiques de Giacinto Scelsi qui résonnent d’évidence.

L’inspiration
Les vocalisations des bébés déclenchent des échanges naturels entre l’enfant et l’adulte, sortes de « partitions vocales spontanées »  d’une grande richesse, de timbres, de dynamiques, d’émotions...

Au cœur du son, le tout petit joue de la matière, des variations, des plaisirs de la résonance sur le corps (cavités buccales, bouche, langue, lèvres, résonateurs, vibrations du corps) et laisse ainsi des traces sur sa mémoire. Ce pré-langage, encore appelé parlé-bébé ou baby-talk développe toute la « musique » de la langue maternelle : mélodie, intonation, rythme, timbre, couleur, intensité, intention, silences de la langue parlée. Elaborer un spectacle autour du pré-langage du bébé, c’est donner toute la dimension poétique de cette relation de l’adulte à l’enfant.

Note d’intention
« Au fil des ans, je porte un intérêt grandissant aux qualités de relations sonores et vocales entre l’adulte et le jeune enfant en lien avec les identités culturelles, l’environnement sonore des lieux de vie de la petite enfance. Les vocalisations des bébés déclenchent des échanges naturels entre l’enfant et l’adulte, sortes de “partitions vocales spontanées” d’une grande richesse, de timbres, de dynamiques, d’émotions, complémentaires des comptines et chansons traditionnelles. Le tout-petit, dans un état d’inspiration, explore sa voix. Au coeur du son, il joue de la matière, des variations, des plaisirs de la résonance sur le corps (cavités buccales, bouche, langue, lèvres, résonateurs, vibrations du corps) et laisse ainsi des traces sur sa mémoire. Ces jeux vocaux s’enrichissent dans l’adresse de l’adulte au bébé : c’est de la variété sonore entendue et chargée d’affect que se nourrira l’enfant pour construire son propre langage. Ce pré-langage, invention langagière, encore appelé “parler-bébé” ou “baby-talk” développe toute la “musique” de la langue maternelle : mélodie, intonation, rythme, timbre, couleur, intensité, intention, silences de la langue parlée. Élaborer un spectacle autour du pré-langage du bébé, c’est donner toute la dimension poétique de cette relation de l’adulte à l’enfant. Retrouver l’enfance de la parole, la musique de la langue, le plaisir premier de l’élocution, plaisir physique, ludique. Là sera la matière première du spectacle Ma. »   Sophie Grelié


La musique 
L’observation de tous ces comportements d’enfants, leur vocalité, leur concentration à l’écoute des œuvres vocales de Giacinto Scelsi me convainquent du lien possible entre leur univers  et celui de cette musique. Les Chants du Capricorne, pour voix solo, libérés du texte, utilisent le phonème qui trouble la hauteur du son, altère sa couleur, et augmente ainsi son intensité. Cinq chants choisis parmi les 20 composés, me semblent  proches de la production vocale du bébé et de sa capacité de réception. L’enregistrement de productions vocales de bébés, brutes ou recomposées sont diffusées en écho aux interprétations de la chanteuse. Les voix font alors émerger des souvenirs lointains, réminiscences de sons, de chants lointains qui disent nos origines. 


Giacinto Scelsi
Giacinto Scelsi (1905 -1988) a un parcours étrange : ce créateur hors norme pénètre dans l’intimité du son, en son cœur, et regarde battre son pouls, étant ainsi en complet décalage avec l’esthétique sérielle des années 1950 et 1960. Il ouvre de nouvelles portes à la perception de ses auditeurs, foisonnant dès le début des années 1980, qui pressentaient toute la profonde saveur de cette musique archaïque, primale, inéluctable.
« Les anges sont ailleurs » - Giacinto Scelsi - d’après Sharon Kanach

Muriel Ferraro
Soprano lyrique, Muriel Ferraro interprète d’abord la musique ancienne avec des ensembles comme A Sei Voci et le Parlement de musique. Puis elle interprète les rôles de la Baronne Aspasia dans la Pietra del Paragone de Rossini, d’Agathe dans les Enfants Terribles de Glass, de Dulcinée dans Don Quichotte d’après Massenet, de Nedda dans I Pagliacci, de Suor Angelica de Puccini, de Métella dans La Vie Parisienne d’Offenbach… Dans le domaine de la musique contemporaine, on a pu l’entendre notamment dans les créations de Nicolas Frize : Les Marmottes vocales (Nuit Blanche 2004), Petites vacances rue Watt, et Être. On l’a entendu récemment dans Métissage, création mondiale avec les ensembles Proxima Centauri et ECM+ en France et au Canada.