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« Beau et fort » par François Clairant Sud-Ouest Mars 2009
Trois femmes sur scène. Trois présences irradiantes décuplées par un metteur en
scène qui aime les femmes : Stéphane Guignard. Qu'elle chante John Cage, « Crème fraîche » ou l'« Ave Maria » de Gounod, qu'ellev ocalise ou qu'elle délire, qu'elle déclenche son rire en cascade de soprano ou son gloussement de contralto, la voix de Nadine Gabard captive et son port de reine, dans une somptueuse robe-manteau rouge d'Hervé Poeydomenge, en fait une sculpture vivante. La chevelure dénouée de Mieko Miyazaki s'élance dans un véritable ballet qui répond à celui de ses doigts sur les cordes du koto, libérant des sonorités exotiques et fascinantes.
Tour à tour vestale ou araignée, aussi belle en robe blanche qu'en maillot, Patricia
Borges Henriques invente une chorégraphie musicale et prégnante. Eclairé par Eric Blosse, le mur lumineux de Bruno Lahontâa est à lui seul une pièce de musée. C'est beau et c'est fort, alors qu'il est si facile de ne choisir qu'un seul des deux adjectifs.

« Chansons en Cage » par Luc Bourrousse Sud Ouest Novembre 2007
On connaît le travail de Stéphane Guignard, fondateur avec Sophie Grelié, il y a vingt ans, de la compagnie Eclats : ses créations subtiles et raffinées ont, depuis " Pan ", en 1992, jusqu'à l'étonnant " Hararavo ", sur une musique de Gyorgy Kurtag Jr, imposé un ton et un univers singuliers, explorant inlassablement le rapport entre geste et son avec une limpidité et une poésie remarquables, une précision et un soin qui ne le sont pas moins.
" Songs " ne devrait pas faire exception et s'annonce comme son entreprise la plus ambitieuse et personnelle à ce jour. Au coeur du spectacle, l'oeuvre et la personnalité singulière de John Cage, dont l'un des premiers gagne-pains fut un poste d'accompagnateur de classe de ballet - il mit au point le principe du piano préparé en concevant la musique pour une chorégraphie de Syvilla Fort intitulé " Bacchanale ". La pièce est au nombre de celles interprétées dans " Songs " mais aucun piano en vue ; la belle musicienne japonaise Mieko Miyazaki, virtuose du koto, se l'approprie pour l'occasion prolongement logique de la fascination du compositeur pour les civilisations orientales, du Bouddhisme zen au Taoïsme.

Absolue liberté. Elle dialoguera avec la chanteuse Nadine Gabard, puisant dans les " Song Books " de Cage comme dans sa propre mémoire, et leur échange nourrit à son tour à la fois le travail sonore d'Eddie Ladoire, et celui de la danseuse Patricia Borges Henriques, évoluant dans la scénographie de Bruno Lahontâa avec la même absolue liberté revendiquée par le compagnon même de John Cage, le légendaire Merce Cunningham.